Suite

 
 

 
On m'appelle agnès. Sans majuscule. Car une esclave n'est qu'un nom commun.
Je suis l'esclave numéro 26 dans une demeure située quelque part en Europe centrale 
et mon corps est tout dévoué à mon maître qui m'a achetée
et qui me possède. Ce numéro a été gravé au fer rouge au bas de mes reins 
et je le porte sur un médaillon accroché à l'un des anneaux qui trouent mes parties intimes. 
C'est sur l'ordre de mon maître que je tiens ce journal afin qu'il soit publié dans quelques revues souterraines ou sur un site Internet. 
Il raconte mon histoire et je l'illustrerai moi-même de quelques images informatiques venues de ma mémoire.
Ce matin, mon maître m'a dispensé du service d'étage et je dois écrire ce journal. 
Le gardien qui m'est attitré, Boris, m'a enchaînée les mains et les chevilles. 
Puis il a fermé tous mes orifices au moyen d'une ceinture de chasteté de cuir qui me force l'anus et le vagin de deux phallus d'ébène, 
et d'une muselière munie d'un pénis de caoutchouc dur.
Les anneaux d'acier qui percent mes mamelons et les lèvres de mon sexe ont été reliés ensemble 
par deux chaînettes qui passent dans un gros anneau. 
Une chaîne est elle-même attachée à cet anneau, qui peut être accrochée où le désire le maître. 
Après m'avoir appareillée ainsi, Boris m'a vêtue de la tenue d'esclave de plaisir.
Elle comporte une longue jupe de tulle noir fendue devant, derrière et sur les côtés, afin que l'on puisse user de l'esclave sans aucune retenue. Un boléro de tulle noir lui aussi, largement échancré découvre plus qu'il ne couvre la poitrine. 
Un fin voile brodé de fil doré masque la bouche, ou le bâillon, et la tête est recouverte d'un large pan de voile.
Ainsi vêtue je fus enchaînée, assise devant une table. 
Avant de verrouiller la porte de ma cellule, Boris a mis sous tension l'ordinateur sur lequel je crée ces illustrations et ces textes.

 
 
 
... Tandis qu'il resserrait le noeud coulant, Georges s'approcha et je sentis qu'il me glissait quelque chose autour des poignets. Je réalisai qu'il s'agissait de menottes en entendant le claquement métallique. Il tira vivement sur le haut de mon chemisier en arrachant les boutons. Puis saisissant mon soutien-gorge, il le tira vers le bas exposant ainsi ma poitrine et à l'aide d'un couteau, trancha le ruban qui joignait les deux bonnets. J'étais dépoitraillée, abasourdie et une peur glacée envahissait mon esprit : j'avais compris qu'il ne s'agissait pas d'une simple vengeance d'amoureux éconduit. Alors que ces sombres pensées me traversaient l'esprit, Georges me bâillonna d'un chiffon qu'il noua derrière ma tête. La corde se resserra autour de mon cou tandis qu'elle me tractai vers ma voiture. Je me retrouvai allongée sur le capot. Tandis que Georges me maintenait d'une main aux creux des reins, de l'autre il tira sur ma culotte la descendant à mi-cuisses. Je me débattais, agitais les jambes vainement. Puis il me ligota durement les chevilles. Pendant que les cordes s'enfonçaient dans mes chairs et me faisait mordre mon bâillon de douleur, je pensais à la jouissance que Georges devait éprouver à ce moment et au plaisir qu'il ressentait à se venger d'une amante infidèle. Des séquences de films, relatant des supplices orientaux, fouet, pal et carcans flashèrent dans mon esprit.
... Les menottes me sciaient les chairs et j'avais des fourmis dans les pieds. La corde que j'avais autour du cou s'était resserrée petit à petit, au fur et à mesure des cahots et des mouvements du véhicule. En partie étranglée, la bouche déchirée par le tissu qui me bâillonnait, ma respiration était rauque et haletante. Cette corde me retenait pourtant et m'évitait de me cogner trop brutalement contre les planches rugueuses de la caisse. Je n'ai aucune idée du temps qui s'écoula mais je dus sombrer dans un demi-sommeil, tassée dans cet espace clos.
Le bruit du moteur cessa soudain. J'entendis des bruits de portières, de pas, puis la caisse fut soulevée. Tandis que l'on me transportait, des sons me parvenaient: bruits de pas sur du gravier ; une porte qui s'ouvre ; puis des pas sur un sol dur avec une résonance, un écho comme dans un long tunnel ou un souterrain. 
Puis ce fut une serrure, une porte métallique et la caisse fut déposée au sol. Puis le silence. Noir. J'attendis. Une envie d'uriner me prit soudain. Je serrai les cuisses, me tortillant dans mes liens. En vain. Je me relâchai et l'urine s'écoula le long de mes cuisses trempant mes bas et ma robe. Une odeur chaude, un peu âcre remplit la caisse. La honte me prit et mes yeux se mouillèrent de larmes alors que des plaintes s'échappaient de mon gosier. Un grincement me fit taire. Des pas. Des cliquetis métalliques. Des frôlements sur le sol. Des coups mats sur quelque chose. Des voix qui aboyaient des ordres. Un bruit de clefs. Puis la lumière qui m'éblouit et me fit cligner des yeux alors que l'on ouvrait la caisse.
Le géant, que tout le monde appelle Karl,  dénoua la corde et tira. Je tombais à genou entraînée par la corde qui m'étranglait,  mais il me releva et ses mains me broyant les bras, il me maintint debout. Je vacillai sur mes talons, mes chevilles ligotées m'empêchant de trouver un quelconque équilibre.

... La femme, que j'appellerai désormais Maîtresse, se tourna vers Georges. 
Elle a besoin d'être convaincue, je crois, puis me regardant, nos méthodes sont beaucoup plus efficaces que toutes vos publicités, tu vas t'en rendre compte.
Karl, tu la mets sur le rouleau avec une barre de... Un mètre suffira.
D'une bourrade, Karl me projeta sur le ventre. Il enleva la chaîne fixée à mes fers et y fixa une longue barre d'acier qui m'écarta les jambes. Puis il me retourna sur le dos. Les poignets cisaillés par les menottes qui supportaient ainsi le poids de mon corps, je le vis sortir d'une de ses poches, un couteau. Les yeux écarquillés, le corps arqué de frayeur, je le vis s'agenouiller entre mes cuisses. Le froid du métal sur le haut de ma cuisse alors qu'il glissait la lame sous ma culotte me fit crier. J'entendis un déchirement alors que le couteau coupait dans la dentelle. Se penchant sur moi, il tira sur le milieu de mon soutien-gorge et tandis que je hurlai dans mon bâillon le trancha vivement. Il s'acharna ensuite sur ma robe et je me retrouvai allongée sur le dos, nue avec juste mon porte-jarretelles, mes bas et mon soutien-gorge déchiré, les cuisses ouvertes exposant mon intimité à son regard. Je crus qu'il allait me violer sur le champ. Maîtresse l'arrêta de sa voix rauque : 
- Pas maintenant, Karl, elle n'a pas encore accepté.
 Maugréant, il se releva, et me saisissant par les épaules, il m'emporta vers un coin obscur de la chapelle. Une potence s'y dressait dans l'ombre. Saisissant la corde que j'avais toujours autour du cou, il la fit passer dans une poulie et tendit l'extrémité libre de la corde à Maîtresse. Elle tira dessus, me forçant à me hisser sur la pointe des pieds.  Je crus qu'ils allaient me pendre. Comme j'étais dans ces pensées, Karl s'approcha, un manche de pioche à la main.
- Je lui mets dans le con ou dans le cul, Maîtresse ?
-  Oh simplement dans le con. C'est suffisant pour aujourd'hui.
Se penchant devant moi il m'enfonça alors brutalement le manche dans le vagin avant d'en fixer l'autre extrémité au centre de la barre d'écartèlement. Je mordis mon bâillon en poussant un cri rauque. Il fut rapidement étouffé par la corde qui m'étranglait alors que l'on me hissait. J'étais pendue, l'air me manquait. Je me vis perdue, les cuisses écartelées, empalée sur un manche de pioche. La pression se relâcha pourtant sur ma gorge lorsqu'on me déposa sur le " rouleau ".


 

Il s'agit d'un gros cylindre de tôle, de quelque 50 centimètres de diamètre. Une planche y est fixée, formant une espèce de balance. À cet instant, deux cales immobilisaient le rouleau. Georges s'approcha et enleva les cales qui bloquaient le rouleau tandis que Maîtresse attachait l'extrémité de la corde à un piton. Puis sans un mot, ils s'éloignèrent, s'installant sur les chaises de l'hôtel.
Je voulus les appeler, implorer leur pitié et j'eus un élan vers l'avant qui provoqua un basculement de la planche. Je glissai vers la gauche et le noeud coulant se resserra.
Le système était terrifiant (il l'est encore) et l'esclave suppliciée de la sorte est prise entre douleurs et angoisses.
La seule manière de conserver un équilibre précaire est de maintenir les pieds bien à plat sur la planche. Ce qui est déjà hasardeux avec de hauts talons comme j'avais ce jour-là. Mais ce faisant, elle s'empale sur le manche et s'étrangle en tirant sur la corde.
Pourtant ce garrot est le seul point d'appui sur lequel elle puisse compter. Mais elle ne le sait pas encore. Aussi, pour soulager ses maux, elle va essayer de se dresser sur la pointe des pieds. Et le système perd son équilibre.
C'est alors horrible, elle se sent glisser, les hanches s'inclinant à l'opposé, et le manche s'enfonce alors obliquement, déchirant la chair tendre de son ventre. Elle sait qu'elle va perdre l'équilibre. Elle contracte ses muscles pour arrêter le mouvement, les muscles des cuisses et des jambes, ceux du dos, des épaules. Elle transpire. Elle halète, la respiration coupée. La salive qui trempe son bâillon coule sur ses seins mais elle parvient à retrouver une position à peu près stable. Cela ne dure qu'un temps. Sous l'effort, les jambes sont bientôt prises de tremblements, une crampe lui saisit un muscle et elle se relâche. Un pied glisse et la barre qui entrave les chevilles entraîne l'autre.
L'esclave se retrouve pendue au bout de la corde, tournoyant sur elle même.
Alors que l'oxygène disparaît peu à peu de ses poumons, qu'un voile rouge passe devant ses yeux, elle se cambre, donne des secousses qui font tressauter sa poitrine. Elle jette les jambes tentant d'agripper la planche de ses orteils ou du bout de la chaussure. Alors qu'elle se croit morte, elle trouve enfin l'appui et se crispe sur la planche infernale.
Elle peut respirer enfin, bien que difficilement car la corde s'est enfoncée dans les chairs. Elle reprend vie. Elle a compris maintenant et sait ce qu'il faut faire. Elle s'y essaie.
Ce jour là je perdis l'équilibre trois fois, et trois fois je crus mourir. Trois fois je revins sur la planche. La dernière fois, le hasard seul m'avait fait retrouver la planche car je ne voyais plus rien. Mon sexe semblait une plaie béante tellement il m'élançait, je respirais à petit coup, insufflant à chaque fois un peu d'air dans mes poumons en feu et tout mon corps était agité de spasmes incoercibles. Je savais que je ne parviendrais pas à éviter une quatrième chute et que cette fois-ci je mourrai réellement. J'avais perdu tout espoir et je pensai me pendre volontairement pour échapper à la torture.

 
...  Captive de la corde qu'ils avaient laissée  autour de mon cou, le poignet gauche emprisonné dans la menotte, je regardais la fille nadia approcher sur ses hauts talons. Elle se pencha vers moi me présentant l'écritoire.
Madame me tendit un stylo et je signai ma lettre d'adieu.
- Maintenant tu vas lire ceci à voix haute. 
Je lus le document qu'elle me tendait et d'une voix tremblante acceptait l'esclavage.
- Je vous supplie d'accepter ma servitude en échange de ma vie.
Je renonce solennellement à mon nom et   prénom et à tous mes droits de  personne humaine.
Le corps d'esclave qui se trouve à vos pieds vous servira avec gratitude.

... Après que j'eus signé l'aveu de suicide et renié mon humanité, on me mit debout, un écriteau noir dans les mains et Georges me photographia à l'aide d'un polaroïd. Il colla la photo obtenue (une photo anthropométrique) sur ce qu'ils appellent une "fiche de stock" . Elle contient tous les renseignements sur la marchandise (taille, mensurations, âge, lieu et date d'achat...) .


 
 
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