Galerie : La Dixième Muse



 
 
 
 
 
 

La stagiaire

Texte de Hélène


 
 
 
 
 
L'horloge sur le bureau marquait une heure moins dix. Hélène haussa les sourcils de dépit avant de se replonger dans son travail. 
« Encore une petite heure de travail, et ce fichu contrat sera rédigé », pensa-t-elle.

Dur labeur que celui de stagiaire juridique : à 25 ans, la jeune femme se trouvait souvent réduite aux tâches les plus exigeantes... et chronophages. 
Et les vieux associés du cabinet se vengeaient de son insolente jeunesse, de ses jupes courtes et de ses talons hauts en la laissant souvent trimer seule le soir.

Cela aurait pu être un soir comme les autres. Si l'ascenseur, tandis qu'elle travaillait, ne s'était pas animé. Si deux silhouettes masquées, l'une féminine, l'autre masculine, n'étaient pas silencieusement sorties, se glissant, félines, vers le seul bureau resté allumé. Avant de s'échanger un regard complice et satisfait en constatant que leur proie travaillait dos à la porte.

Hélène fut totalement surprise lorsqu'une main puissance ce plaqua sur sa bouche et qu'elle fut arraché de son siège et plaquée au sol. Elle se débattit furieusement tandis que ses mains, rassemblées dans son dos, étaient entravées par une lanière de cuir. Le même sort fut réservé à ses 
chevilles et ses genoux.

Elle voulu crier, mais l'homme força dans sa bouche une boule de caoutchouc qu'une lanière strictement serrée maintint fermement en place. Et Hélène, en un instant, se retrouva réduite à l'état d'objet silencieux et immobile.

Elle jeta vers ses agresseurs un regard affolé. « Que voulaient ils ? 
Pourquoi elle ? ». Ces derniers se tenaient debout, bras croisés,  la regardant avec satisfaction tenter vainement de se soustraire à l'étreinte de ses liens.

Puis la forme féminine dit simplement à son double masculin : « Assez maté.  Préparons là »

Elle sortir alors d'un large sac qu'ils avaient amené deux rasoirs, dont un qu'elle lui tendit. Ils entreprirent alors, méthodiquement, en souriant, de lacérer les vêtements de leur victime jusqu'à ce qu'elle soit totalement nue.

Cette tâche achevée, l'agresseur plaqua sa lame contre le cou d'Hélène, et murmura à son oreille : «Maintenant, ne bouge plus... sinon...»

La femme sortit alors du sac une combinaison en latex noire et luisante. 
Elle ôta les entraves de sa victime, puis l'aida à enfiler cette deuxième peau tandis que l'homme la tenait en respect. L'étrange vêtement épousait exactement les formes d'Hélène, comme une deuxième peau. L'ensemble fut complété par des gants courts de la même matière.

Hélène fut ensuite étendue sur le sol, à plat ventre. Ses poignets furent à nouveau attachés par des lanières de cuir. Puis la femme, avec un sourire satisfait, enserra ses coudes, en forçant progressivement l'étreinte jusqu'à ce qu'ils soient joints.

Hélène mordit son bâillon en gémissant sous la contrainte, qui la faisait se redresser dans une position obscène et provocante.

L'agresseur put alors lâcher sa prisonnière. Tandis que sa compagne laçait des bottines à talons haut aux jambes, il sortit du sac une cagoule en latex et prit un vif plaisir à contempler l'effroi d'Hélène tandis qu'il l'aveuglait.

Un large collier autour du cou et une laisse, ainsi qu'une courte chaîne reliant les deux chevilles et permettant de petits pas à leur victime, vint parachever l'uvre : la jeune femme n'était plus alors qu'une poupée fétichiste entièrement soumise à ses bourreaux.

Hélène fut sans ménagement mise debout. Privée de ses sens, trébuchante, effrayée, elle fut guidée par sa laisse vers l'ascenseur qui descendit au parking. L'homme la chargea dans le large coffre d'une berline sombre, où de multiples attaches permirent de la priver de tout mouvement.

Un instant après, la voiture démarrait en trombe vers une destination inconnue.
 
 
 
 

Mail to : Hélène